Le Yoga : beaucoup plus qu’une pratique sur le tapis

L’an dernier, à pareille date, je quitte Montréal pour un voyage d’une durée de six mois. Seul un billet d’avion à destination de la Nouvelle-Zélande est réservé et une retraite de méditation à Vipassana. J’ai toutefois deux objectifs : vivre le moment présent et en apprendre davantage sur le yoga, qui, je sais intuitivement, va bien au-delà des exercices sur le tapis.

Vue de centre Anahata - Nouvelle-Zélande ©Anahata Center

Vue de centre Anahata – Nouvelle-Zélande ©Anahata Center

Arrivée sur la terre des Kiwis, je rencontre un professeur de yoga à Wellington qui me suggère, selon ce que je recherche, de visiter le Centre Anahata. Je m’y rends pour y faire une retraite d’une semaine… qui finalement en durera trois. Ce séjour dans ce centre situé au flanc d’une montagne dans le magnifique parc national Abel Tasman de la Nouvelle-Zélande m’initie au style de vie yogi. Dans ce centre, je découvre un dépliant d’un autre centre de yoga en Australie, l’ashram de Rocklyn, qui propose un cours de trois mois basé sur les Yogas Sutras de Patanjali. Il s’agit d’un recueil de 196 versets appelé le premier « codificateur » du yoga, rédigé entre 100 et 500 après Jésus-Christ par Patanjali (en fait, plusieurs Patanjalis… La source n’est toujours pas claire, encore aujourd’hui…). Sans hésitation, j’achète mon billet d’avion et m’y rends.

Karma Yoga dans la cuisine ©Anahata Center

Karma Yoga dans la cuisine ©Anahata Center

Vue partielle du centre Satyananda Yoga – Rocklyn Ashram – Australie ©Rocklyn Ashram

Cela commence bien : un festival de chant dévotionnel se déroule la fin de semaine de mon arrivée. Je prends donc de plus en plus contact avec cette branche de yoga que l’on appelle Bhakti, la dévotion. Le chant nous permet, entre autres, d’exprimer cette dévotion. Pendant ces trois mois, je suis la routine du centre inspirée par Swami Satyananda Saraswati, disciple de Swami Sivananda qui explore les différents pans du yoga, dont le Bhakti. Le programme quotidien se déroule ainsi : cours d’asanas (de postures) à 6 heures le matin suivi de chants dévotionnels de 7 h à 7 h 30. Ensuite, durant la journée, deux plages horaire sont destinées au Karma yoga, un autre volet important du yoga. Il s’agit avant tout d’une méditation en action puisqu’à travers des actions telles que jardiner, cuisiner ou effectuer divers travaux d’entretien sur le site on apprend à s’observer interagir avec les autres, à travailler sans attentes et sans attachements quant au résultat final. C’est un excellent moyen d’être témoin de notre ego et de nos pensées et de réaliser l’importance du travail en communauté, pour la communauté.

Moi dans le jardin du centre Satyananda Rocklyn – Yoga Ashram – Australie

En soirée, le programme varie : séance de méditation (Dhyana yoga), Havan (séance de purification par le feu et des mantras), Kirtan (chant de dévotion), projection de film sur le sujet, etc. Chacun est libre de prendre ce dont il a besoin dans ce genre de lieu.

Havan, centre Satyananda Yoga – Rocklyn – Australie. ©Rocklyn Ashram

Cette expérience m’a fait me questionner sur la définition du mot yoga. Il en existe plusieurs, mais la plus commune est l’union entre notre être et l’univers. Si l’on s’attarde à cette simple définition, elle pointe du doigt un certain paradoxe puisque cela insinue une séparation entre nous et ce qui nous entoure… Comme le précise Satyananda:

« for there to be the aim or goal of union there must first be a state of separation. And in fact , this seperation does not exist. At this very moment, you are united with the cosmic consciousness. Event this statement is not true, for you actually are the cosmic consciousness. So the aim of yoga is not really to united you with anything, for you are already united. It is to make you realize your identity with the greater Self, to make you know and tune in with your existing inner nature (1). »

Pour être de plus en plus conscient de cette réalité qui semble abstraite, les différents types de yoga sont un excellent moyen d’y arriver, en plus des exercices sur le tapis. Il faut toutefois être discipliné en y consacrant du temps de façon quotidienne pour témoigner des nombreux bénéfices. Mon expérience de voyage et de visite dans ces deux centres m’ont permis de comprendre et de réaliser l’importance de ces pratiques que j’ai rapportées dans mes valises et que je mets en pratique dans à tous les jours (sauf le dimanche, c’est congé selon la tradition hindoue!).

Si vous voulez expérimenter ce type de routine, vous pouvez le faire au Québec au centre Sivananda de Val-Morin, entre autres.

Je vous souhaite paix et harmonie dans vos cœurs.

Hari Om Tat Sat

Pour plus de détails :

Centres de yoga :

Définitions :

(1) : Swami Satyananda Saraswati, A systematic Course in the Ancient Tantric Techniques of Yoga and Kriya, Yoga Publications Trust, Munger, Bihar India, p. 125

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Julie Jignasa

Julie Jignasa

Julie Legault ou Jignasa est passionnée de yoga et est diplômée de L’École de Hatha yoga Satyam. Elle pratique le yoga depuis plus de 15 ans. Elle a séjourné dans des ashrams Satyananda en Australie, Nouvelle-Zélande et en Inde. C’est à ces endroits qu’elle fut initiée au style de vie « yogique » et qu’elle y a entre autres découvert le Kirtan, chant de dévotion, qu’elle pratique régulièrement. Elle enseigne le yoga chez Soham Yoga et en privé. Julie a aussi été agente de développement culturel à la Ville de Montréal pour le réseau Accès culture pendant 9 ans. Elle a fait des études universitaires en histoire de l’art, communication et muséologie. Tout comme le yoga, l’art est pour elle une façon de se connecter à soi, à sa nature profonde, de même qu’aux autres.
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