Les bastions de la peur

Pema Chödrön, moniale bouddhiste, enseigne dans « Les bastions de la peur ou pratique du courage dans les moments difficiles » la voie bouddhiste et des méthodes pratiques comme la méditation.
Comment ne pas se fermer à l’inconnu ? Comment rester le cœur ouvert malgré nos expériences heureuses ou non ?

Voici plusieurs thèmes abordés dans son magnifique livre.

La bodhichitta

C’est notre énergie fondamentale, non altérée, tendre et ouverte à l’infini. C’est notre point sensible, vulnérable, notre capacité à aimer. Notre capacité d’émerveillement sans préjugés, ouvert à tout malgré le confort et l’inconfort, les peurs et les angoisses de la vie.

Bodhi signifie éveillé / illuminé / complètement ouvert
Chitta signifie esprit / cœur / attitude

La bodhichitta c’est notre condition et celle de tous les autres humains autour de nous. C’est le ressentis de notre nature véritable, qui est en chacun à chaque instant, un sentiment profond de notre relation avec tous les autres et l’univers.

Que développe la méditation assise ?

La méditation assise nous met en contact avec nos pensées, nos émotions et notre corps. Elle développe notre capacité à rester constant, à pratiquer l’attention et notre conscience en éveil avec douceur, malgré tout ce qui peut surgir.
Ainsi, elle nous permet ainsi de cultiver notre bienveillance et notre compassion.

 

Les quatre qualités développées lorsque l’on médite :

  • La détermination : on développe notre fermeté à rester avec et présent à soi-même.

Quoi qu’il advienne – courbatures, ennui, sommeil ou pensées et émotions les plus folles – on reste loyal envers son expérience. Même si de nombreux méditants aimeraient bien le faire, on ne court pas hors de la salle en criant. On reconnaît plutôt cette impulsion comme une pensée, sans l’étiqueter bonne ou mauvaise. Ce n’est pas une tâche facile. Il ne faut jamais sous-estimer sa tendance à tout laisser tomber quand on a mal.
Pema Chödrön

  • La vision claire : on développe le témoin en nous, en nous ramenant au moment présent avec compassion.
  • Faire l’expérience de notre douleur émotionnelle : rester avec l’énergie qui peut surgir d’une douleur émotionnelle qui est en nous sans s’accrocher aux scénarios. On n’exprime pas, ni ne refoule, on demeure avec, on l’observe, on est curieux sans fixation.
  • Attention au moment présent : rester attentif à tout ce qui surgit en nous, ressentir, entendre, et laisser tout ça aller sans rien retenir.

La maitri

La maitri c’est la relation simple et direct avec son être. C’est prendre tout ce qui est ici et maintenant sans jugements et avec douceur.

En la cultivant, les quatre qualités sans limites passent de limitées à illimitées :

  • La bienveillance, dont l’ennemi proche est l’attachement qui exacerbe le narcissisme réciproque et les ennemis lointains que sont la haine ou l’aversion.
  • La compassion, dont les ennemis sont la pitié, l’accablement et la compassion idiote.
  • La joie, dont l’ennemi proche est la surexcitation et l’ennemi lointain l’envie.
  • L’équanimité

L’équanimité

L’équanimité c’est notre capacité à être constant, à tout recevoir quelque soit ce qui se passe. L’équanimité permet à un professeur de yoga de donner de l’espace et de la fraicheur dans son rapport à son enseignement et à ses élèves ; à ne pas se laisser aller dans des préférences ni des préjugés.
Son ennemi proche est le détachement et l’indifférence. Son ennemi lointain, le préjugé.

Entrer en relation avec la paresse (et tout autre émotion gênante) ou les stratégies dérisoires

– S’attaquer
– Donner libre cours à sa paresse
– Ignorer

Afin de diminuer l’attachement au moi et augmenter notre sagesse et compassion, Pema Chödrön nous invite à pratiquer quotidiennement le courage, à nous détendre sans se réfugier dans un terrain ferme quoiqu’il arrive, à se reposer dans la prajnaparamita, c’est-à-dire la bodhichitta inconditionnelle.

On apprend à vivre à l’aise avec l’incertitude grâce à l’entraînement aux paramitas*. Passer sur l’autre rive, c’est vivre dans l’absence de terre ferme avec le sentiment d’être pris dans un entre-deux, dans un état intermédiaire. Cette rive, on cherche à l’atteindre sur un radeau, où on lutte avec les notions de bien et de mal, et où on s’affaire à rendre solide l’illusion de terrain ferme par la quête incessante du prévisible. Et on traverse le fleuve vers l’autre rive, où l’on est libéré de l’étroitesse d’esprit et de la pensée dualiste qui caractérise l’attachement au moi. Voilà l’image traditionnelle.
Pema Chödrön

*La générosité, la discipline, la patience, l’enthousiasme, la méditation et la bodhichitta inconditionnelle.

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Gwen

Gwen

Gwen a suivi son premier cours de yoga en 2006 à Montréal. Touchée profondément, cette discipline ne l'a plus quittée. Elle a suivi une formation de professeur auprès de Lyne St-Roch et de nombreux ateliers et cours de yoga avec Marie-Pierre Germain et de méditation avec Pascal Auclair. La pratique du hatha-yoga et l'étude de la philosophie du yoga lui ont apporté de précieux et de multiples bienfaits physiques et mentaux.
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  1. J’ai tout simplement adorée ce livre.
    À lire un petit peu à la fois pour mieux intégrer 🙂

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