Qu’est-ce que la médecine traditionnelle chinoise ?

Afin de mieux appréhender ce qu’on appelle les solutions de santé naturelles, nous avons posé quelques questions à Simon Bélair Acupuncteur le co-fondateur et propriétaire de la Clinique des Médecines Alternatives de la Petite-Patrie à Montréal.

 

Comment est né et s’est confirmé ton intérêt pour la médecine traditionnelle chinoise ?

Mon père est décédé d’un cancer alors que j’avais 20 ans. Cette période de ma vie a été marquée à la fois par une confrontation aux limites du système médial occidental mais aussi au rôle que chacun doit désormais jouer dans la prévention des maladies et l’entretien de sa santé. La médecine traditionnelle chinoise m’est apparue comme un système d’analyse et d’intervention très complet à ce chapitre notamment grâce à ses diverses branches telles que l’alimentation, les exercices de santé, la pharmacopée et l’acupuncture. Rapidement, j’ai découvert une médecine qui était beaucoup plus proche de mes valeurs et de ma vision de la santé.

Quelles sont les singularités de la médecine traditionnelle chinoise ?

C’est une médecine qui met l’emphase sur la prévention. Il s’agit là d’un point majeur qui implique un changement de paradigme important de notre vision de la santé. La médecine traditionnelle chinoise a la capacité de comprendre les liens entre les différents symptômes d’un patient et à les inclure dans un portait global. Ce système permet de déterminer les causes qui se cachent derrière les signes apparent. En traitant l’individu de manière globale, la médecine traditionnelle chinoise s’adresse aux déséquilibres qui ont mené à l’apparition des symptômes mais aussi à l’ensemble de la santé physique et psychologique de l’individu. Enfin, elle possède des outils très efficaces pour mettre en place des stratégies afin d’éviter que les problèmes de santé ne réapparaissent.

Existe-t-il une médecine chinoise non traditionnelle ?

Actuellement, la Chine et l’Asie en général vivent au rythme du reste de la planète. La culture et la médecine occidentale y sont largement répandues. Je dirais que la médecine chinoise non-traditionnelle ressemble à ce que l’on appelle notre médecine moderne.

Y a-t-il un contexte particulier qui justifie de se tourner vers cette médecine ?

La plupart des patients que je reçois en clinique viennent alors qu’ils ont  »atteint les limites » de la médecine occidentale. Il s’agit souvent d’individus présentant des symptômes non-conventionnels, difficiles à soigner, ou des maladies dont les causes restent inconnues d’un point de vue scientifique. De manière plus spécifique, l’acupuncture excelle dans le traitement des allergies, des troubles auto-immuns, des migraines, des douleurs, des troubles reliés au stress, de l’anxiété et l’insomnie et des troubles digestifs et menstruels.

Est-ce une alternative ou un complément de notre médecine occidentale ?

Je crois qu’il s’agit d’un excellent complément. Lors de mes stages en hôpitaux au Vietnam, j’ai eu la chance de voir à quel point les deux systèmes médicaux peuvent travailler en étroite collaboration. Un même patient peut recevoir du même médecin des médicaments, de l’acupuncture et des herbes chinoises pour traiter un même problème. Il s’agit d’utiliser les forces de chaque médecine au profit du patient. C’est ça l’important au final. Ici je dirais que de plus en plus de médecins s’intéressent à l’acupuncture et y voient une solution valable pour de nombreux malaises.

 

le symbole du yin et du yang

Les remèdes sont-ils des médicaments comme en Occident ?

Les remèdes de la pharmacopée chinoise se présentent sous forme de plantes principalement. Il existe plusieurs manières de les administrer soit par des décoctions, des pilules ou du thé par exemple. Les mécanisme d’actions de ses plantes sont très complexe mais d’un point de vue bio-chimique, leurs actions sont souvent similaires à plusieurs de nos médicaments occidentaux. Par contre, la système de pensée derrière le choix du remède à administrer est complètement différent. On retrouve ainsi des plantes pour tonifier le système digestif, pour nourrir le foie et les reins, pour calmer l’esprit, chasser la chaleur ou drainer l’humidité, etc. Encore une fois, il s’agit de traiter la racine du problème en même temps que les signes apparents.

Quelles sont les différentes branches de la médecine traditionnelle chinoise ?

L’acupuncture (les aiguilles), la pharmacopée (les herbes) , le Tuina ( les techniques manuelles et massages), le Qi Gong (les exercices) et l’alimentation.

Avec ton savoir serais-tu un médecin en Chine ?

Non, car il faudrait que j’obtienne d’abord un doctorat en médecine traditionnelle chinoise, chose qui n’est pas possible de faire ici au Québec. Au Vietnam, que je connais mieux, les médecins-acupuncteurs font d’abord leur cours de médecine occidentale et ensuite, lorsque vient le temps de se spécialiser, il choisissent l’acupuncture et la médecine traditionnelle chinoise. Ceci étant dit, les connaissances que nous avons ici au Québec en acupuncture sont excellentes et reconnues partout dans le monde.

En tant que praticien de médecine traditionnelle chinoise dans une société occidentale, à quels obstacles es-tu le plus souvent confronté avec tes patients ? Avec le milieu médical ?

Il faut arriver à faire comprendre aux gens que notre santé est d’abord et avant tout le résultat d’un rapport de force entre nous et l’environnement. Nous sommes constamment en échange avec notre milieu de vie que ce soit par notre alimentation, notre posture, nos rapports sociaux, notre hygiène de vie, etc. Il faut donc aborder sa santé avec cette idée selon moi. Du moment où l’on accepte que l’on a un rôle à jouer et un impact sur l’évolution de notre santé, une grande partie du travail est déjà faite. Malheureusement, beaucoup de personnes médecins ou patients ne pensent pas que ce soit important ou pertinent. Il faut donc travailler fort pour essayer de changer les mentalités et faire réaliser aux gens que parfois les solutions sont à portée et qu’il suffit de quelques ajustements pour retrouver l’équilibre et la santé.

 

Voici un documentaire en complément :

En Chine on dit que pour traiter la maladie il faut un grand médecin. Mais pour garder la santé il faut un vrai maitre. Et en médecine traditionnelle chinoise, ce maitre, c’est soi-même.

Contact :
Simon Bélair, Ac.
6955 CHRISTOPHE-COLOMB, BUREAU 104
MONTRÉAL 514-794-4410
simonbelair.ca

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Gwen

Gwen

Gwen a suivi son premier cours de yoga en 2006 à Montréal. Touchée profondément, cette discipline ne l'a plus quittée. Elle a suivi une formation de professeur auprès de Lyne St-Roch et de nombreux ateliers et cours de yoga avec Marie-Pierre Germain et de méditation avec Pascal Auclair. La pratique du hatha-yoga et l'étude de la philosophie du yoga lui ont apporté de précieux et de multiples bienfaits physiques et mentaux.
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