La subtile nuance entre la concentration et la méditation

Lors de son passage à l’émission Plus on est de fous, plus on lit!, Fabrice Midal nous rappelle à quel point méditer n’est pas facile mais très simple comme se brosser les dents. Méditer c’est une simple attention et présence au monde

Crucial : La méditation c’est apprendre à faire attention à ce qui est là comme c’est.
Vous êtes comme vous êtes, vous vous asseyez comme vous êtes. Vous êtes attentif. Être attentif à ce qui se passe sans rien chercher.

« En bref, vous vous foutez la paix. »

Point particulièrement intéressant, Fabrice Midal précise la différence entre la concentration et l’attention en précisant que la méditation c’est développer l’attention ouverte, stable et présente. Un apprentissage attentionnel.

Ce n’est pas sans nous rappeler dans les huit piliers du Yoga-sutra de Patanjali, la différence entre dharana (recueillement, concentration) et l’étape suivante, Dhyana (méditation, contemplation).

Cela me rappelle également plusieurs passages du livre « Les prodigieuses victoires de la psychologie » de Pierre Daco. Datant de plus d’une cinquantaine d’années, il relève déjà les différents effets sur le cerveau selon que nous soyons en état de méditation, d’attention ou de concentration.

La psychologie avec Pierre Daco


La méditation

La méditation est nerveusement semblable à la rêverie. On confond souvent « méditation » et « concentration ». Or, rien n’est plus faux. La véritable méditation ne consiste pas à penser (avec effort) à quelque chose de précis. Au contraire, la méditation laisse « flotter » le cerveau autour d’un thème général. L’homme en méditation est passif ; son cerveau reçoit le maximum de sensations. C’est donc une rêverie « en profondeur ». Étant donné le « flottement » du cerveau et le nombre de centres nerveux en action, les idées se déroulent facilement. L’esprit se recueille en une sorte de « fermentation » généralisée, et sans le moindre effort. L’esprit s’étend avec aisance à toutes choses. La réceptivité et la lucidité sont magnifiques.

La méditation est probablement le degré le plus élevé de la pensée humaine. Pensée lucide, très élargie, très étendue, pleine d’aisance. La réceptivité est au maximum ; tandis que le blocage est minime.

L’attention

Faire attention signifie : faire attention à quelque chose. Ici, l’esprit se fixe déjà sur quelque chose, sur un ou des points précis. (Une conférence, par exemple.) L’attention est une sorte de concentration faible. Puisque l’attention se dirige vers un point précis, les messages sont canalisés vers certains centres nerveux. Le blocage des autres se fait donc immédiatement. Il existe évidemment divers degrés d’attention ; ils vont de l’attention dispersée (écolier distrait) à l’attention fixe ( conférence écoutée avec intérêt). Si nous allons plus loin, nous tombons dans la concentration.

La concentration

La concentration consiste à fixer sa pensée avec effort sur un point unique. (Un problème difficile par exemple). La zone du cerveau en activité est alors très réduite ; ce qui est normal, puisque l’attention est fixée en un seul point (donc un seul message). Par conséquent, les zones bloquées sont très étendues. C’est au cours d’une forte concentration que la plus grande partie du cerveau dort. Cela nous explique pourquoi l’homme qui se concentre ne remarque rien autour de lui.Il ne remarque rien parce que les zones bloquées de son cerveau sont incapables de recevoir d’autres messages, (bruits, radio, paroles). Si nous poussons la concentration jusqu’à la pathologie, nous arrivons à l’idée fixe.

L’idée fixe

L’idée fixe (de même que l’obsession, les ruminations mentales etc ) sont des concentrations involontaires et maladives. Elles restent perpétuellement fixées sur le même sujet. D’où une très forte excitation de quelques centres du cerveau, qui travaillent jusqu’à l’épuisement.L’idée fixe représente un seul message, toujours le même : donc, une très petite partie du cerveau est en activité exagérée ; tout le restant dort. On sait d’ailleurs que le sujet atteint d’idées fixes est incapable de remarquer quoique ce soit en dehors d’elles. Nous en reparlerons.

(…)

dès que l’étendue de la lucidité diminue, l’obstination risque de naître. Nous voyons ainsi combien il est important d’être dégagé de tous les crampons mentaux et de tous les comportements commandés par une affectivité faussée ou figée. Combien il est important d’être sans cesse en éveil ; en éveil large, calme, étendu comme un radar qui fouillerait les horizons… Combien il est important d’être à l’aise ; à l’aise physiquement, à l’aise mentalement, d’élargie le champ de vision ; de faire extirper de soi tout ce qui diminue le champ de conscience, et ferme une trappe sur le cerveau, le séparant ainsi de ses possibilités humaines…

Enfin une citation tirée d’une conférence d’Eckhart Tolle :
« La vigilance c’est la conscience sans la pensée. »

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Gwen

Gwen

Gwen a suivi son premier cours de yoga en 2006 à Montréal. Touchée profondément, cette discipline ne l'a plus quittée. Elle a suivi une formation de professeur auprès de Lyne St-Roch et de nombreux ateliers et cours de yoga avec Marie-Pierre Germain et de méditation avec Pascal Auclair. La pratique du hatha-yoga et l'étude de la philosophie du yoga lui ont apporté de précieux et de multiples bienfaits physiques et mentaux.
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